Causeries philosophiques

au Moulin des contes à Hyères

et à la librairie Le Carré des mots à Toulon

Le but de ces pauses-philo est de permettre à chacun, au contact de philosophes de et pour notre temps, présentés en toute simplicité, de s’essayer à penser et à vivre vraiment, de devenir soi, de juger par soi-même.

Ont été travaillés les saisons passées: Sartre (l'enfer c'est les autres); Camus (l'engagement est-il absurde ?); Freud et Lacan; Héritons-nous de valises à la naissance ?; Lévi-Strauss; Rabelais et Montaigne, pédagogues; Jacottot et Korczak, pédagogues; Marcel Conche; André Comte-Sponville; Anaximandre; Héraclite; Parménide. Sans compter les 100 agoras de la Maison des Comoni au Revest. On trouvera dans les pages du blog des 4 Saisons d'ailleurs et du blog des agoras d'ailleurs, 60 comptes-rendus d'agoras.

 

Programme 2012

La censure des pauses-philo de la médiathèque par le maire d’Hyères n’est pas passé inaperçue. Depuis 2008, les 4 Saisons d’ailleurs organisaient des pauses-philo bien mises en valeur par l’équipe de la médiathèque dans le paysage culturel riche qu’elle offre aux Hyérois. Elles avaient un réel succès et la 4° saison sur les violences (thème choisi par le public lors de la dernière séance) s’annonçait passionnante par les intervenants, hyérois entre autres, associés.

Les 4 Saisons d’ailleurs ne peuvent que s’élever contre la décision du maire au fait que François Carrassan (1° adjoint ayant rendu ses délégations, par ailleurs philosophe) est un des intervenants et est persona non grata à la médiathèque. On se demande de quoi serait capable un tel maire dans des périodes d’arbitraire absolu.

Les 4 Saisons d’ailleurs, sans rien demander, ont reçu le soutien du Moulin des contes pour que cette manifestation perdure. Les pauses-philo de la médiathèque ont été autoritairement et arbitrairement censurées. Elles deviennent les rencontres-philo du Moulin.

Merci à l’association Lire à Hyères et au Moulin des contes d’avoir décidé ce geste de solidarité non sollicité ce qui en fait un geste encore plus fort.

Voici le programme de la 1° saison au Moulin des contes. Une réplique de cette saison sera aussi programmée au Carré des mots, librairie de Toulon.

Jean-Claude Grosse,

Les 4 Saisons d’ailleurs

 

Les 4 Saisons d'ailleurs présentent

les rencontres-philo

au Moulin des contes

place de l'Oustaou Rou à Hyères

et au Carré des mots

place à l'Huile à Toulon

le thème de la saison 2012 est : les violences …

 

samedi 21 janvier 2012 de 14 H 30 à 16 H 30

avec Jean-Claude Grosse et François Carrassan

 dimanche 25 mars de 11 à 13 H au Carré des mots à Toulon

La philosophie et la violence

Héraclite disait : « Le combat est le père de toutes choses » (polemos pantôn mèn patèr ésti).

De Plaute à Freud, en passant par Hobbes, on retient que « l’homme est un loup pour l’homme » (homo homini lupus). Hegel, entre temps, écrivait que « chaque individu doit tendre à la mort de l’autre ».

Ces quelques expressions expriment la thèse d’une violence fatale et nécessaire, inscrite dans le destin du monde et des hommes.

Plus près de nous, Marcel Conche pense que la violence dont l’homme fait preuve « vient de ce qu’il vit sur une Terre où il n’y a pas assez de tout pour tous » et qu’elle résulte donc « d’un accident lié à l’environnement ».

A nous donc d’examiner cette alternative d’une violence essentielle ou accidentelle.

 

samedi 18 février 2012 de 14 H 30 à 16 H 30

avec Jean-Claude Grosse et Marie-Paule Candillier

 dimanche 1 avril de 11 à 13 H au Carré des mots à Toulon

Violences intimes/violences collectives

Nous nous interrogerons à partir de Freud et Lacan sur les pulsions de vie, Eros, les pulsions de mort, Thanatos, leur intrication, (unité des contraires), l’irréductibilité des violences pulsionnelles, tournées contre soi ou contre autrui (la femme, principale victime de la plupart des violences, sexuelles, conjugales, sociales, professionnelles, guerrières. (Du sexe de la femme comme champ de bataille de Matei Visniec. L’autre guerre d’Elsa Solal).

Qu’est ce qui agit l’homme dans ses violences contre la femme, quelles peurs inconscientes ?

L’agressivité est au cœur de l’homme, c’est ce que nous enseigne Freud avec la découverte de la pulsion de mort en 1929.

« L’homme n’est point cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais au contraire, qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d’agressivité. »  nous dit Freud. (Malaise dans la civilisation, PUF, p. 64)

La pulsion de mort est à l’œuvre à côté de l’Eros, retournée contre soi ou contre l’autre,  toutes deux se partagent la domination  du monde.

Qu’est-ce qui peut rendre inoffensif chez un sujet son désir d’agression (surmoi, culpabilité) ?

À quels moyens recourt la civilisation pour inhiber l’agression et la violence ?

La culture peut-elle apporter une réponse ?

Marie-Paule Candillier

 

Samedi 24 mars 2012 de 14 H 30 à 16 H 30

avec Jean-Claude Grosse et Dominique Coppola

dimanche 13 mai de 11 à 13 H au Carré des mots à Toulon

Les violences conjugales

Les violences au sein du couple sont punies par la loi et sont réprimées plus sévèrement y compris lorsque les deux conjoints sont séparés. Dés le premier fait de violences constaté, des poursuites peuvent être engagées même en l’absence de toute plainte. Aujourd’hui la notion de famille a changé et s’est complexifiée. Les violences conjugales ont-elles même connu une mutation au point que le législateur a estimé nécessaire d’adapter la loi pénale à cette «  guerre » que se livrent les couples.

Les violences graves qui ont pour objet de détruire l’autre psychologiquement et surtout physiquement sont commises majoritairement par les hommes. Cependant les femmes aujourd’hui investissent ce domaine jusque là plutôt masculin. La question des « violences au féminin » doit être abordée au sein de notre société moderne où la femme revendique à juste titre l’égalité dans tous les domaines.

Alcool, drogues, frustrations, irrespect, égoïsme, obscurantisme sont les principaux invités de cette « guerre des sexes » au 21ème siècle.

Dominique Copola-Lacombe,

Commissaire principal honoraire et membre du Club Soroptimist de Hyères-les-Palmiers

 

 

Samedi 14 avril 2012 de 14 H 30 à 16 H 30

avec Jean-Claude Grosse, Agnès Cretté-Bouvet et Bruno Malafosse de l'association Orion

De la violence à l’adolescence : fantasmes et réalités

Nous tenterons d’aborder la violence au-delà des modèles explicatifs centrés sur l’individu et l’individuel, dans une analyse du lien, et des relations, dans le contexte de  notre société en mutation.

D’une violence, fantasmée, virtuelle, médiatisée …. au passage à l’acte, quels sont les facteurs favorisants ?

Agnès Cretté-Bouvet

 

Samedi 12 mai 2012 de 14 H 30 à 16 H 30

avec Jean-Claude Grosse, Nathalie Rocailleux et Odile Jacquemin

 Pour une éthique du regard et de la parole

 Quels liens entre résilience (familiale) et émancipation (citoyenne) ?  Des souffrances familiales aux souffrances sociales, une approche de la "prévention ressource" contre la "prévention sécuritaire  de repérage".  Comment la dignité vient au petit d'homme: des exemples  de lieux humanisants et civilisateurs de proximité

Nathalie Rocailleux

 Qualité de vie pour les fins de vie

Fin de vie et  faim(s) de vie ?

Que la question soit sociale, éludée  par la collectivité, récupérée par une société marchande  ou qu’elle soit privée, mise de côté par peur,  dans sa plus profonde intimité   jusqu’au moment où le mur empêche la fuite,  le temps de vie de la fin de vie est encore l’objet de multiples tabous.  Pour soi-même comme pour les autres.

Que savons nous de ces violences intimes ou hurlantes causées par le corps qui vous lâche, par l’abandon du groupe, par la trop grande sollicitude des enfants, par la mansuétude de   l’infirmière qui vous appelle « ma petite chérie », alors qu’elle ne vous connaît pas  ? par ces personnes qui parlent devant vous de vous à la troisième personne, vous sentant déjà de l’autre côté ? par une économie qui ne  voit en vous  que l’acheteur potentiel d’un ascenseur à poser dans l’escalier, d’une baignoire à porte, d’un système de sécurité et qui veut faire de vous  l’éventuel « senior »  de la future maison de retraite ou résidence service  Serena, Elena… Bellisima ???

Comment dire le rapetissement du champ de l’horizon des jours  quand brusquement vous est confisqué l’usage de la voiture, puis de la marche, puis de la vue….

Jeu de cache-cache  entre la conscience de soi  et le regard des autres….

Les années passent et ceux qui les vivent et voient passer ne les décomptent pas de la même manière…

Comment se vit le grand vieillissement de celui qui ne se sent pas vieillir dans sa tête, de celle qui ne se sait pas vieillir ? où sont les espaces d’expression  de ces  indicibles soifs de vie que l’homme actif , marchant et courant,  ne prend ni le temps de voir, ni le soin de dire ??

Entre bien être et accueil, remettre la mort et l’avant mort au cœur de la vie et  en faire un lieu de réappropriation d’une mobilisation de chacun et d’une initiative  citoyenne  est le projet social et éthique de la nouvelle association : « Un lieu où aller, un lieu où bien aller, des liens  à conserver »     

Odile Jacquemin

 

 

 

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