Deuxième petit badinage
Et si on se parlait ?
Il est parti.
Comment passer le temps ?
Je rentre.
Rez-de-chaussée. Une cinquantaine de boîtes aux lettres fermées à clé.
Je monte.
Premier étage. Une dizaine de portes fermées à clé.
Je suis seule, dans la lumière.
Deuxième étage. Une dizaine de portes fermées à clé.
Dans le noir, j’ai peur.
Troisième étage. Une dizaine de portes fermées à clé.
J’accélère, je monte en courant, je m’essouffle.
Quatrième étage. Une dizaine de portes fermées à clé.
La dernière, au fond, à gauche, la mienne.
Fermée à double tour. Le verrou, fermé, deux fois.La serrure, fermée, deux fois.
La clé mise en travers, les voleurs ne peuvent plus rentrer.
Les autres aussi d’ailleurs.
On bouge dans le couloir,
Mon oreille reste collée à la porte, j’écoute,
J’entends siffler le train, trois fois.
On s’approche, chut,
Mon nez reste collé à la porte, interdiction de respirer, on risque de m’entendre,
l’œil gauche fixe l’œillet, l’œil droit reste fermé, on avance, je ne bouge plus.
La porte a disparu.
Je me retrouve nez à nez, et c’est le cas de le dire,
mon nez étant toujours collé à la porte,
enfin à ce qui me semblait être une porte
et qui de toute évidence, n’en était plus une,
je me retrouve donc nez à nez, ou plutôt nez à trompe avec un gros
éléphant rose. Je ferme les yeux.
Je me réveille, à quatre pattes, sur la moquette marron de mes 25m2,
à la recherche de la miette de pain égarée, hier soir, pendant le repas.
J’inspecte donc la moquette, la loupe qui me sert habituellement à ausculter
chaque individu
qui pénètre dans ma surface vitale - restreinte, me permet ici de chercher
la fameuse mais non moins minuscule miette de pain, miette qui, par ailleurs,
est peut-être partie se coller sous une de mes pantoufles
ou a carrément été écrabouillée par un de mes deux gros pieds.
Je ne la trouve pas.
Je me lève, me précipite vers la porte et vérifie qu’elle soit bien fermée à clé.
Soudain, un grain de poussière vient tout tranquillement se poser
sur la troisième étagère en partant du bas de ma bibliothèque.
Malheureusement ma moquette marron n’est plus marron, et mes murs blancs,
plus blanc du tout.
Il ne me reste plus qu’à déménager.
J’ouvre la fenêtre, me jette par-dessus, et atterris …
temps …
Et si on se parlait !
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Ce deuxième petit badinage interrogera dans un premier temps un philosophe,
un vidéaste, un internaute, un psychanalyste, un médiateur, un linguiste
et deux auteurs puis dans un deuxième temps réunira en vue de la création
d’une forme artistique, metteurs en scène, comédiens, musiciens et plasticiens.
Les dates ne sont toujours pas fixées.
2b